Centre Culturel Gilbert de Venables

Histoire de Venables

LA PREHISTOIRE

Le paysage actuel du village de Venables s’est formé durant le Pléistocène, une période qui s’étend de -2,5 millions d’années à -11 700 ans. Cette époque est marquée par des phases glaciaires alternant avec des périodes interglaciaires, selon un rythme non linéaire.

Ces bouleversements géologiques ont façonné un paysage composé d’un plateau recouvert de dépôts limoneux, ainsi que de deux dépressions naturelles : le ravin de Gournay et celui du ravin du Val d’Ally ou se sont produites les premières implantations humaines. Dans la vallée, un méandre s’est creusé, constitué de terrasses alluvionnaires étagées qui se sont superposées au fil du temps, tandis que la Seine y aménageait progressivement son lit.

Sur le sol normand, le passage des premiers groupes humains remonte au Paléolithique inférieur, il y a environ 450 000 ans. Les plus anciennes traces d’occupation humaine sur le territoire de Venables ont été mises en évidence grâce aux prospections de terrain et aux diagnostics archéologiques réalisés par la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de Normandie (1).

Il s’agit de passages de petits groupes d’Homo néandertaliens, artisans de la culture moustérienne, principale manifestation culturelle de la fin du Paléolithique moyen, vers environ -40 000 ans. Issus de la lignée d’Homo erectus, ils s’implantent principalement sur le plateau, avec l’occupation de cinq sites situés sur le versant sud du ravin de Gournay, entre le Saussay et le Vau Genet (2). Deux de ces sites sont datés du Paléolithique moyen, confirmés par la présence d’outils lithiques moustériens, tandis que trois autres appartiennent au Néolithique, comme l’atteste leur mobilier.

Ces sites correspondent à des occupations temporaires de plein air, servant essentiellement d’ateliers pour le débitage de la viande et la fabrication d’outils. Sur ce même plateau, un autre site témoigne d’une occupation à cheval entre le Paléolithique supérieur et le Mésolithique (entre -10 000 et -5 000 ans).

Le changement climatique entraîne une transformation progressive de la végétation, de la faune et des modes de vie humains. Cette mutation se poursuit durant le Néolithique, ou « âge de la pierre polie ».  On observe un déplacement des populations qui quittent progressivement le plateau pour s’installer sur les terrasses proches du fleuve, redevenues favorables grâce au réchauffement. La prospection d’un site sur le Pré Aubry est venue confirmer cette hypothèse, grâce à la découverte d’une fosse accompagnée d’un grand nombre d’éclats de silex (+ 2000). Ces éléments suggèrent une occupation prolongée du site par l’homme moderne (Homo Sapiens) d’une communauté tribale importante. Malheureusement, ce site n’a pas échappé aux aménagements ultérieurs et a aujourd’hui disparu sous les eaux du plan d’eau de Venables. En effet, le méandre a fait l’objet d’importants travaux : d’abord au milieu du XIXe siècle, avec la construction de la ligne de chemin de fer Paris–Le Havre, qui a modifié les terrasses hautes alluvionnaires, puis lors des opérations d’extraction de granulats. Ces interventions se sont déroulées sans qu’aucune prospection archéologique préventive ne soit réalisée à proximité des anciens chenaux et à proximité du lit du fleuve. Ces découvertes confirment l’intérêt de ces zones par les premiers humains, qui deviendront plus tard les sites des futurs hameaux de la Rive, de l’Ormay et de la Mare sous Venables. Ces travaux nous privent de mieux connaitre ces civilisations et de les laisser dans l’ombre des chercheurs.

On peut également mentionner les découvertes réalisées par des Venablois. Parmi elles, une hache datant du Campignien (environ -4500 ans), retrouvée près de la Seine, ainsi que plusieurs pièces lithiques collectées dans différents hameaux. Ces objets ont été gracieusement offerts à la collection de la muséographie « Il était une fois, Venables… ».

En conclusion, avec l’essor de l’agriculture, de l’élevage et de la céramique, un nouveau modèle de civilisation émerge, entraînant de profonds changements dans les modes de vie. L’homme commence à maîtriser son environnement : il passe progressivement du nomadisme à une forme de semi-sédentarisation, et d’une économie de prédation à une économie de production, accompagnée d’une transformation et d’une amélioration de l’outillage.

(1) Lionnel Dumarche (DRAC de Normandie)

(2) Prospection 1987-1988