Centre Culturel Gilbert de Venables

Le village de Venables

Sur le plateau proche du belvédère un site (3850 m² ) occupe une position dominante au sommet sud du versant du ravin du Val d’Ailly approvisionné en eau par une source (qui alimente aujourd’hui toujours le ravin). Cet espace correspondrait à un petit oppida laténien implanté par un clan de la tribu des Aulerci-Eburovices.

Chez les Aulerci (1) Eburovices (2) la racine Eburo,  désigne un arbre « l’if »  l’if occupait une place centrale. Arbre de vie lié à l’immortalité de l’âme, il symbolisait le cycle éternel disparition-renaissance grâce à sa longévité exceptionnelle et à sa capacité à se régénérer par ses racines. Sans représenter une divinité (3), l’if incarnait l’équilibre entre ciel, terre et le monde souterrain.

Au-delà de sa symbolique, l’if était très apprécié pour ses usages : bois rouge de grande qualité pour outils et armes, flexibilité idéale pour fabriquer arcs et flèches, souvent enduites d’un poison tiré de ses feuilles (4), fibre utile pour des tissus, et bois robuste pour boucliers et en particulier l’épieu.

Evolution de l’ethnonymie « Eburon/Venabulum/Venables »

Lors de la conquête de la Gaule, les Romains, effrayés par les forêts sacrées d’ifs où se pratiquaient les cultes celtiques, les détruisirent pour imposer leur religion et leur modèle de société. En rasant ces forêts et en construisant une Pars Urbana et une Pars Rustica sur les terres Venabloise aujourd’hui appelées les Ifs, ils affirmèrent leur domination et effacèrent progressivement les croyances liées à cet arbre sacré.

La langue latine (5) va s’imposer et faire son œuvre avec l’apparition de nouvelles étymologies qui vont faire tomber les symboles Celto/Gauloise dans l’oubli. Sauf l’épieu et la symbolique qui l’accompagne. Celle-ci va perdurer en parallèle à la romanisation de notre contrée. L’étymologie Venatio / Venator : seront dans les jeux du cirque romain, La manière la plus ordinaire de se servir de l’épieu, que l’on employait très rarement, comme arme de jet (6) mais plutôt comme une arme de poing. L’étymologie latine pour désigner l’épieu deviendra : Venabulum. Ce nom est employé par Cicéron au 1er siècle avant J.C. qui désigne un épieu de chasseur (7) (ce nom désignera par la suite la demi-pique munie d’un fer fort large employée durant les combats des gladiateurs). Le poète Virgile (8) a dit « lato venabula ferro » : ici le mot venabula est employé avec le pluriel de venabulum. Le poète Varron (9) cite : Nempe fues filvatico in mentibus fetaris venabula aut cervos. « Tu poursuis dans les montagnes les sangliers ou les cerfs avec ta pique ». A partir 1181 le centre administratif et militaire du village est appelé Venablis puis Venabula (10).

[1] Aulerci : « Ceux qui sont » Loin de leurs traces ou d’éloignement d’un peuple qui s’implante loin de ses origines.
[2] Eburo : désigne un arbre « l’if » ou le « sanglier » associé à l’épieu.
[3] Les sources contemporaines parmi lesquels on peut citer : Diodore de SicilePomponius MelaLucainPline l’Ancien et surtout Jules César avec les Commentaires sur la Guerre des Gaules.
[4] Les Gaulois, puis Les Romains empoisonnaient leurs flèches avec. Jules César (-100 à -44) rapporte dans Commentaires sur la Guerre des Gaules (Livre V, chapitres 24 et 26, Livre VI, chapitre 31) que le roi des Éburons, Catuvolcos, s’empoisonna avec de l’if en 53 av. J.-C.
[5] Auguste Le Prévost : mémoire et notice historique et archéologique du département de l’Eure
[6] Tite-Live (trad. du latin par Annette Flobert).
[7] Gaffiot, Félix (1934) Dictionnaire illustré Latin-Français, Hachette.
   Harry Thurston Peck, editor (1898) Harper’s Dictionary of Classical Antiquities, New York: Harper & Brothers.
   William Smith et al., editor (1890) A Dictionary of Greek and Roman Antiquities, London: William Wayte. G. E. Marindin.
[8] Virgile : Œuvres d’Horace.
[9] Varron : écrivain et savant romain du 1er siècle av JC.
[10] Bernard Oger : Venables à travers l’histoire des origines à 1453.

Geographical location

 

Coordonnées du village: Latitude : 49°12’2.28″.  Longitude :1°17’51.59″.

Venables est un paisible village rural de Normandie, intégré depuis 2017 à la Commune Nouvelle des Trois Lacs. Son territoire s’étend sur 1 486 hectares, avec un point culminant atteignant 124 mètres d’altitude. Sa population était de 814 habitants lors du recensement de 2014.

Le village se situe au cœur d’un triangle formé par les villes des Andelys (7 km), de Gaillon (9 km) et de Louviers (14 km). Les principaux pôles urbains voisins sont Paris, à 100 km à l’est, Rouen, à 42 km au nord-ouest, et Évreux, à 25 km au sud.

Le territoire communal présente deux grandes unités paysagères. La première correspond au plateau crayeux (ancien Pagus Madriacensis), où se sont implantés le bourg principal ainsi que les hameaux de Fontaine-la-Verte, du Val d’Ailly et du Moulin à Vent.

La seconde est constituée par l’axe structurant de la vallée de la Seine, le long duquel se sont développés les hameaux de La Mare-sous-Venables, La Rive et L’Ormais.

Commune déléguée de Venables

Depuis le 1er janvier 2017, les anciennes communes de Bernières-sur-Seine, Tosny et Venables ont fusionné pour former la Commune Nouvelle des Trois Lacs. Le Village de Venables est désormais l’une des trois communes déléguées qui composent cette nouvelle collectivité territoriale. Website: https://les-trois-lacs.fr/

Depuis le 1er septembre 2019, la Commune Nouvelle des Trois Lacs est membre de la Communauté d’agglomération Seine-Eure (CASE). Website: https://www.agglo-seine-eure.fr/

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