Centre Culturel Gilbert de Venables

Histoire de Tosny

LA PREHISTOIRE

La plus ancienne mention d’une occupation humaine sur le territoire de Tosny provient des dossiers de recensement du « Casier archéologique » ainsi que du Bulletin de la Société normande d’étude préhistorique et historique. Ces documents rapportent les recherches menées par René Boinet, qui signale la découverte d’une pointe moustérienne exceptionnelle réalisée sur une lame Levallois (1).

Cet artefact appartient au Moustérien, une industrie lithique caractéristique du Paléolithique moyen. Dans le contexte de la Normandie, cette période s’étend approximativement de 350 000 à 35 000 ans avant le présent. La découverte de cette pièce constitue, en l’état actuel des connaissances, la plus ancienne trace attestée de fréquentation humaine sur le territoire de l’actuelle commune nouvelle des Trois Lacs.

L’analyse technologique de la pièce permet de la rattacher au Moustérien classique, généralement daté entre environ 200 000 et 40 000 ans avant notre ère. Cette tradition technique se caractérise notamment par l’utilisation du débitage Levallois, permettant la production d’éclats standardisés destinés à la fabrication d’outils retouchés.

La comparaison avec les travaux archéologiques réalisés sur le territoire voisin de Venables, où huit sites préhistoriques ont été recensés, suggère que cette pointe pourrait témoigner du passage de groupes humains au cours du Paléolithique moyen. Ces populations appartenaient vraisemblablement à l’espèce Homo neanderthalensis, issue de la lignée évolutive d’Homo erectus.

L’Homme de Néandertal se caractérise par une morphologie robuste et trapue, adaptée aux environnements climatiques froids du Pléistocène. Son crâne, de forme allongée et relativement basse, se distingue nettement de celui d’Homo sapiens, plus globulaire. Les études paléoanthropologiques indiquent par ailleurs que Néandertal possédait un volume cérébral moyen légèrement supérieur à celui de l’Homme moderne, bien que son coefficient d’encéphalisation soit légèrement inférieur.

Il convient toutefois de souligner que la configuration géologique du territoire de Tosny, marqué par l’exploitation ancienne de carrières de sable et de granulats, a pu entraîner la destruction de niveaux archéologiques. Ces activités extractives, menées à une époque où les dispositifs d’archéologie préventive n’étaient pas encore systématisés, ont probablement entraîné la disparition de vestiges préhistoriques potentiellement significatifs.

Dans cette perspective, une étude géoarchéologique et archéologique approfondie des sols du village permettrait sans doute de mieux documenter les phases anciennes d’occupation humaine et d’enrichir la compréhension de la préhistoire locale.

 

(1) Tome XLIV, N° 3 1978 FF 13-15 III et Annales de Normandie 1981 31-4 Pg 437-448